” Quiconque est passé par la shoah se méfiera du souvenir comme du feu. Pendant de nombreuses années, les gens de ma génération eurent la préocupation de dissimuler leurs souvenirs, de les réprimer ou pour dire un mot plus juste de les supprimer. Il fut impossible de vivre après la shoah autrement qu’en réduisant la mémoire au silence. La mémoire devint notre ennemi. C’est à chaque instant qu’on travailla à l’émousser, à la détourner, à l’engourdir comme on le fait avec la douleur. Le combat dura des années. Les gens apprirent à vivre sans souvenirs, à la façon dont on apprend á vivre lorsqu’on est amputé….”