Archives pour mai 2007
Une part du Temps
mai 27, 2007Crime de poésie…
mai 22, 2007Depuis si longtemps qu’en parfaite sécurité on affirme que toute poésie est subversion, en voici une qui fait ses preuves. MANDELSTAM est arrêté une nuit de mai, jeté en prison, interrogé de telle sorte qu’il en perd un temps la raison, exilé, arrêté de nouveau, déporté enfin dans des conditions telles qu’il ne devait pas tarder à en mourir, pour avoir écrit quelques vers sur Staline:
le montagnard du Kremlin
Aux doigts gros commes des larves…
A partir d’une nuit de mai, la vie de Mandelstam se transforme en le calvaire de la Poésie.
Il écrit dans “Le bruit du temps”, texte autobiographique.
-le mirage élégant de la vie de Pétersbourg était un songe, un voile brillant jeté sur l’abîme; cependant tout autour se développait le chaos du judaïsme, ni patrie maternelle, ni maison, ni foyer, mais bien le chaos, la matrice inconnue dont j’étais issu, que je craignais concernant laquelle je faisais quelques suppositions très vagues, et que je fuyais, fuyais toujours….
quelques pages plus loin :
De même qu’un peu de musc remplit de son odeur une maison entière, de même la moindre influence de judaïsme embaume toute une vie. Oh la force de cette odeur!
LA VERTU DE L’ANGE
mai 15, 2007La vertu de l’Ange, c’est qu’il ne peut se détériorer. Sa faille, c’est qu’il ne peut pas non plus s’améliorer.
La faille de l’homme c’est qu’il peut se détériorer.
La vertu de l’homme c’est qu’il peut s’améliorer.
Contes des sages du Ghetto
LE CAFÉ LUIGI
mai 4, 2007la médiatisation du vide !
mai 4, 2007Notre vie quotidienne est formidable, c’est vrai, ça n’arrête pas, il faut suivre et parfois j’ai du mal, je me cogne à la porte du réel placard de la nouvelle cuisine du nouvel appartement où je ne sais pas encore bien circuler, je reçois mon ex-voisine en l’accueillant sur le palier, un petit coup de vent et la porte d’entrée se claque derrière moi, mon fils à l’autre bout du fil à Paris, en attente, je me retrouve sur le palier avec la voisine adorable et pleine de tendresse , qui joint un ami qui lui se trouve à l’aéroport , à l’autre bout de la ville, et m’apporte après des embouteillages une heure après la clé, la clé de mes rêves, la clé qui me délivre de cette prison soudaine de l’extériorité abrupte. Le café d’en bas, heureusement est un refuge, un refuge quotidien et ce matin, une porte de sortie bienvenue. le café est je crois la chose qui m’est la plus familière et la plus chère dans la jungle des villes. C’est mon entre-deux : intérieur-extérieur, mon intimité sociale, c’est le café. Le quotidien a toujours été une grande source de malentendu, car au fond qu’est-il ? sinon l’essentiel de notre résumé vital, aujourd’hui! Je sors effondrée du débat télévisé Ségoléne Royal, Nicolas Sarkozy, ou plutõt en colère, comme dit Mme Royal, il y a de saines colères. Oui, mais là, ma colère ne sait où se poser, comment un tel vide de la pensée peut-il se mettre en scène avec tant de moyens, et de super-production à l’appui? Il m’a justement semblé que celà ressemblait à une discussion de café, sans mépris pour celles-ci qui n’ont aucune prétention et ont l’intérêt d’être spontanées et imprévisibles. Passer de la sécurité, aux retraites, aux impõts, en passant par l’uranium enrichi, mais au fait qu’est ce que l’ uranium? à la pénibilité de certains travaux, mais quelle pénibilité intelectuelle de subir un tel débat en présence de deux journalistes tétanisés et quasi inutiles. Comment imaginer la France, avec à sa tête l’un ou l’autre des deux candidats? franchement je n’y arrive pas. Non! je pense à Angela Merkel, à Simone Weil, à Martin Luther King, à Nelson Mandela, à Gandhi, vous me direz celà n’a rien à voir, non c’est vrai, mais ce sont des flashs qui me sont passés à l’esprit à ce moment là. Ce qui manque à cette mise en scène c’est un souffle, un souffle d’universel, une dimension de la vie avec une âme , une lumière, une lutte pour la dignité et la beauté de la vie ! On pourrait dire du spirituel . Le Monde n’était pas présent , les continents, les océans, les famines, les damnés de la terre au XXI ème siècle, les sans toits, les sans-terre, les sans-papiers, les victimes des guerres, les réfugiés déplacés…..le moyen orient,L’Afrique, l’Asie . Rien, le vide absolu, une parenthèse sans même l’ombre d’une boussole!
En fait les gagnants de ce cirque ce sont les médias, les chaînes de télévision, les journaux dont les plumes se font unanimes dans la médiocrité ou la banalité en tout cas pas dans des prises de position sortant du rang, tout est stéréotype, et tous jouent ce jeu alarmant de la télérealité. Le débat politique ressemblait à la star academy, il manquait le jury qui a été aussitôt relayé par les journalistes déjá dans le compte des rounds, des points, des sondages! Affolant aussi cette distorsion du temps, plus de temps pour penser dans le silence. Le vide, la médiatisation du vide a réussi à passer le Cap de Bonne Espérance!

